Auteur
RÉCIFS
Un artiste japonais à Paris
Roman


PRÉSENTATION
Ce roman polyphonique dont le centre de gravité se situe à Paris nous entraine aux quatre coins du monde, à partir d'une matrice Sud-Américaine dont le souvenir hante et structure les principaux protagoniste. Roman initiatique par certains aspects, il est récit de vies et tend vers la figure d'Hiroshima, chorégraphe et danseur, artiste absolu qui danse jusqu'à la mort, guide, étoile inspirante et fulgurante. Hiroshima est la danse même.
EMPREINTE

A propos de l'auteur
Ce roman est né de l'envie d’écrire une histoire qui contiendrait d’autres histoires, à la façon d’une poupée russe. Danseur et chorégraphe, Claude Pantoja se destinait d'abord à la carrière d'artiste peintre. Ainsi, son roman se construit dans et avec le monde de la création et la plupart des personnages émanent de cet univers. Tous les événements, accidents, péripéties décrits par le récit sont bien réels, assimilables par le lecteur grâce à la forme romanesque qu'ils revêtent dans la narration. "Récifs - Un artiste japonais à Paris", se passe, comme son nom l'indique, dans la capitale, bien que la majorité des personnages viennent d’ailleurs. La mémoire, ces vagues de réminiscences que subissent les protagonistes viennent d’un pays et d’un passé lointain mais bien réel, comme le Japon, ou ce continent où l'auteur est né, l’Amérique Latine.
Extraits
Chapitre : Hiroshima
"La présence d’Hiroshima sur une scène était extraordinaire, parce que tragique. (...)
Son esprit avait une totale maîtrise de tout son système corporel. Sa faculté à rendre ce dernier éthéré était unique, d’une extrême légèreté, comme soutenu par quelque chose d’extérieur, lui permettant de se déplacer lors de l’évolution chorégraphique sans jamais s’appuyer véritablement lors de sa danse et nous faisant pénétrer soudain dans un monde en apesanteur. Son corps, dans un constant déséquilibre extrême, frôlait le sol, comme un pinceau le papier, et par la rapide fulgurance de ses déplacements et la ponctuation de ses arrêts il réalisait un mouvement perçu par l’œil comme celui d’un signe calligraphique."
"Sa danse était essentiellement une danse de la mort. Il s’était imprégné depuis longtemps de forces mortifères, tout en lui transpirait la métaphysique. "
"Hiroshima a toujours dansé la mort, la mort en général, et sa mort en particulier. Sa maladie mortelle a commencé à s’étendre pour atteindre le cerveau, zone commandant son équilibre. Son art de virtuose a su insérer toutes ses altérations neurologiques de la façon la plus naturelle du monde, rendant son expression chorégraphique d’autant plus incisive et donc plus tragique que jamais, jusqu’à devenir un total éblouissement."
Chapitre : Dans le jardin du Luxembourg
"Je pense parfois que mon attirance pour Paola n’a jamais été véritablement d’ordre physique, bien que dire cela puisse paraître une aberration, mais d’un tout autre ordre. Attiré, je l’étais, mais comme un insecte l’est par la lumière, ignorant qu’elle le grillera tôt ou tard. Moi, j’étais attiré par la forme incandescente de son esprit. En tous cas je m’étais dirigé vers cette relation amoureuse, vers la personne de Paola, comme on se jette d’une falaise, tout nu, pour plonger dans la rivière qui coule à nos pieds, avec la certitude d’y trouver la profondeur nécessaire au plongeon, promesse d’une fraîcheur voluptueuse par une journée chaude d’été – mais la réalité est toute autre – pour soudain voir la fine et mince couche d’eau, et pendant une fraction de seconde réaliser que ce n’était qu’un mirage. Et du terrifiant impact de l’écrasement qui s’ensuit, sortir encore vivant, si on ose dire, mais avec de graves séquelles, handicapé à vie. De ce plongeon que nous faisons lors d’une relation dite amoureuse qui souvent est tout ce qu’on veut sauf une relation d’amour, nous en sortons souvent avec de semblables mutilations. Peut-on aller vers une personne comme si on allait vers son anéantissement ?"
Chapitre : Mère
"Quels pouvaient être les rêves de cette séduisante jeune femme qu’était ma mère ? Rêvait-elle encore d’un avenir autre que celui d’être mère ? S’en aller, quitter le foyer pour refaire sa vie, comme elle l’avait évoqué, quelques fois, à des moments de forte irritation ?
Elle m’a souvent ordonné, en pénétrant dans la pièce, de laisser la lumière éteinte, nous continuions alors à nous entretenir dans la pénombre, atmosphère propice à l’intimité. À cette occasion je pouvais l’interroger sur son labeur, et si la situation m’était favorable, c’est-à-dire si elle était de bonne humeur, j’approchais une chaise près de la sienne. Je me contentais alors d’appuyer ma tête sur son épaule. Je cherchais toujours à prolonger le plus longtemps possible ces moments de tendresse furtive pour profiter de cette sensation de fusion. Ces rares instants de tendresse avaient une courte existence, c’est vrai, car rapidement elle se plaignait de la lourdeur de mon appui et m’invitait par un mouvement brusque de son épaule à m’éloigner. Ceci donnait un coup d’arrêt à ce torrent de tendresse que j’avais enfoui, retenu, étouffé en moi et qui, à son seul contact, jaillissait de toute ma personne, sans le moindre contrôle, prêt à déferler sur ma chère mère comme une vague géante, un véritable tsunami d’affection. Ses bras m’ont toujours irrésistiblement attiré, leur rondeur parfaite, la forme abondante et voluptueuse de ses épaules. Il se dégageait de sa peau veloutée, une agréable odeur. Sa proximité exerça chez moi une telle ardeur, qu’à son contact je me suis souvent enflammé, sans doute à cause de la rareté de ces moments. Mon noyau fondait, pour se liquéfier, soudain je cessais d’être cette chose dure, crispée, tendue, pour devenir l’enfant que j’ai toujours rêvé d’être pour ma mère : tendre, sage, aimant et aimé d’elle, son préféré en somme.
"Ce fut une des rares occasions où je pus voir ma mère se livrer totalement à la fête. Elle avait soudain rajeuni, était devenue une toute jeune femme à la beauté rayonnante. Et même si cette transformation avait eu lieu devant mes yeux, elle m’avait profondément troublé. J’eus le pressentiment, durant ces moments de joie intense, qu’elle avait cessé d’être ma mère.
(…) devant la métamorphose de ma mère, j’avais été parcouru d’un frémissement, perturbé par son état de ravissement, de sa joie voluptueuse.
Par la mobilité ondoyante, son corps dansant avait pris de l’ampleur et se révélait être celui d’une jeune femme ivre de joie, au point que pour nos hôtes et invités, cette transformation prit la forme d’un défi. N’ayant jamais vu ma mère dans une telle situation de représentation et de joie, c’était pour moi comme si elle avait sorti tout à coup une toute nouvelle partition dont elle seule connaissait la clef de l’interprétation. Je n’ai pas su au commencement, comment m’y prendre, surpris par cette gaieté contagieuse, par l’exubérante générosité à laquelle elle s’était livrée à ces inconnus : je me suis tout d’abord crispé.
Comme il était injuste qu’elle puisse faire bénéficier de sa gaieté tout ce monde si éloigné d’elle, alors que moi, son fils, avait été privé si longtemps de cette allégresse, qui me fit tellement défaut et qui vint altérer profondément mon caractère.
C’est par une relation de création et d’amitié avec ce grand danseur-chorégraphe japonais Hideyuki Yano (disparu depuis plus de trois décennies), que l’auteur de Récifs trouva l’inspiration et créa ce personnage d’Hiroshima, qui dans ce roman sera comme une ombre étincelante .
"Salomé" Chorégraphie d'Hideyuki Yano, 04/07/1985, Montpellier,
artistes chorégraphiques : Karine Saporta et Claude Pantoja
Photos de Marie-Christine Presles
"Salomé" Chorégraphie d'Hideyuki Yano, 04/07/1985, Montpellier,
artistes chorégraphiques : Karine Saporta et Claude Pantoja
Photos de Marie-Christine Presles


CLAUDE PANTOJA
ROMAN
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